En cette heure où s’achève le premier siècle des jours de Me Abdoulaye WADE, Jiitël Wareef – Le Devoir en Mouvement, par la voix de son Président, élève une pensée recueillie vers celui qui fut l’un des plus illustres serviteurs de notre République.
Loin des clameurs du débat quotidien, il nous appartient, en ce jour de mémoire, de rendre à cet homme d’État exceptionnel l’hommage que la postérité exige et que la reconnaissance commande.
I – La semence de l’alternance
Me Abdoulaye WADE traversa le dernier tiers du vingtième siècle comme un veilleur obstiné, debout sous les bourrasques de l’adversité. Il porta seul, longtemps, l’étendard d’une opposition que beaucoup jugeaient vouée à l’impuissance. Il connut les cachots, l’exil intérieur, le silence complice des puissances établies. Rien ne le fit plier. Son génie fut d’avoir su convertir la patience en stratégie, et la persévérance en victoire. L’année 2000 restera à jamais suspendue dans la mémoire nationale : l’alternance, tant désirée, tant repoussée, advint par la grâce des suffrages populaires. Ce jour-là, Me WADE ne gagna pas seulement une élection ; il offrit au Sénégal une seconde naissance démocratique. Il prouva que le changement pouvait être le fruit paisible du scrutin, non le tumulte des révolutions.
II – L’architecte du possible
Gouverner, pour Me Abdoulaye WADE, ne fut point administrer l’existant, mais oser l’inespéré. Il eut l’audace de projeter sur l’horizon sénégalais des infrastructures que l’on croyait réservées aux nations prospères.
- L’Aéroport International Blaise DIAGNE (AIBD), cathédrale de verre et de lumière ouverte sur le ciel du monde, offrant au Sénégal une porte aérienne digne des grandes nations et libérant la capitale de l’étreinte obsolète de l’ancienne plateforme ;
Dakar Dem Dikk, le réseau de transport en commun qui, tel un sang d’argent parcourant les artères de la capitale, restitua aux populations la fluidité des déplacements, la dignité du voyage quotidien et l’élégance d’un service enfin digne d’une grande métropole ;
L’autoroute à péage, ruban d’asphalte déroulé comme une promesse de modernité ;
Le Monument de la Renaissance africaine, géant de bronze tourné vers l’avenir, cri de pierre et d’orgueil d’un continent qui se relève ;
Les zones économiques spéciales, laboratoires d’un Sénégal productif et ouvert au monde. Dans les campagnes, la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (GOANA) fut le fruit de sa conviction que la souveraineté d’un peuple se mesure aussi à la pleine de ses greniers. Il ne promettait pas : il bâtissait. Il ne rêvait pas seul : il entraînait une nation dans son sillage.
III – Panafricain au cœur libre
Me WADE ne fut jamais un homme d’État sénégalais seulement. Il se voulut, par toutes ses actions, l’avocat d’une Afrique debout. À la tête de l’Union africaine, il éleva la voix là où trop longtemps l’on avait chuchoté. Il plaida pour l’annulation de la dette, pour la refonte des échanges inégaux, pour un NEPAD qui ne serait pas l’auxiliaire du Nord mais le levier du Sud. Il parla aux puissants de son époque en fils d’un continent longtemps soumis, mais sans amertume, avec la dignité calme de celui qui sait que la justice finit toujours par triompher de l’arrogance. Aujourd’hui, à cent ans passés, il incarne encore cette Afrique fière, celle qui ne baisse jamais le regard.
IV – La grandeur et le temps
L’histoire, cruelle parfois, n’épargne aucun héritage. Elle fait de toute œuvre un prisme aux facettes multiples. Jiitël Wareef ne feint point d’ignorer les jugements contrastés que suscite encore aujourd’hui l’action de Me Abdoulaye WADE. Mais comment ne pas reconnaître, avec une gratitude éclatante, ce qu’il a légué au Sénégal ? L’alternance pacifique devenue réflexe constitutionnel. Un réseau de routes, de transport, de ponts et d’infrastructures multiples qui portent encore sa marque. Une jeunesse formée à l’audace. Et, par-dessus tout, la certitude que la politique, lorsqu’elle est servie par la constance et la vision, peut métamorphoser le destin d’une nation.
V – Aux jeunes, l’héritage
En cette année du centenaire, Jiitël Wareef – Le Devoir en Mouvement invite chaque Sénégalais, chaque Africain, à s’arrêter un instant devant le chemin parcouru. Me Abdoulaye WADE fut un lutteur et un bâtisseur. Il est l’un de ces hommes rares dont la vie même est une leçon.
VI – Vœux de longévité
À vous, Me Abdoulaye WADE, vivant, présent, debout, nous adressons du plus profond de nos cœurs l’expression de notre reconnaissance et de notre affection. Puisse le Très-Haut vous préserver encore de longues années parmi nous. Puisse votre souffle et votre legs continuer d’inspirer notre nation que rien de grand ne se construit sans persévérance, sans courage, sans l’audace de croire en l’impossible. Puisse votre sourire éclairer encore nos chemins.
Vive la République ! Vive le Sénégal ! Vive l’Afrique !
Fait à Dakar, le 4 juin 2026
Le Président de Jiitël Wareef – Le Devoir en Mouvement
Al Hassane NIANG
