En moins de neuf mois, la politique gouvernementale sur les prix du carburant a connu un revirement difficile à comprendre.
Décembre 2025 : une baisse pour soulager les ménages
Alors que le baril de pétrole évoluait autour de 63 dollars, le gouvernement avait décidé de réduire les prix à la pompe :
* supercarburant : de 990 à 920 FCFA le litre ;
* gasoil : de 755 à 680 FCFA le litre.
Cette décision été une mesure destinée à protéger le pouvoir d’achat et à soutenir les activités économiques.
Mai 2026 : Sonko refuse de répercuter la flambée
Lorsque le baril s’est approché de 103 dollars,l’ancien premier ministre Ousmane SONKO avait rejeté l’idée d’une augmentation immédiate des prix à la pompe.
Il avait plutôt demandé une révision de la structure des prix du carburant, notamment à travers une réduction de la pression fiscale, afin d’éviter que la hausse du pétrole soit entièrement supportée par les consommateurs.
Août 2026 : Al Amine Lô augmente les prix
Aujourd’hui, alors que le baril est redescendu autour de 88 dollars, le gouvernement dirigé par Ahmadou Al Amine Lô décide pourtant de rétablir les anciens tarifs :
* supercarburant : de 920 à 990 FCFA le litre, soit 70 FCFA de hausse ;
* gasoil : de 680 à 755 FCFA le litre, soit 75 FCFA de hausse.
Ces nouveaux tarifs sont appliqués depuis le 15 août 2026.
La question reste entière
Qu’est-ce qui justifie aujourd’hui cette augmentation, alors que le prix international du pétrole est inférieur de près de 15 % à son niveau de mai ?
Si le gouvernement avait pu protéger les consommateurs lorsque le baril dépassait les 100 dollars, pourquoi leur demande-t-il maintenant de payer davantage alors que les cours ont reculé ?
Mamadou Lamine Ndiaye -MLN
Commissaire aux enquêtes économiques
Responsable PASTEF Kaolack
