L’accès à l’éducation, à la formation et à l’employabilité préoccupe la majeure partie du mouvement des acteurs du changement. Réunis en sommet à Dakar sur la thématique «Co-créer des solutions innovantes, systémiques et durables sur les questions d’éducation, de formation et d’employabilité», les organisateurs exhortent les décideurs à y mettre le curseur pour préparer les jeunes aux défis du marché du travail.
La problématique de l’éducation, la formation et l’employabilité est au coeur des préoccupations dans le continent Africain en particulier au Sénégal où 300 000 jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail. Selon l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), environ 60% des jeunes sénégalais âgés de 15 à 24 ans sont sans emploi, et un grand nombre d’entre eux souffrent d’un manque d’informations fiables sur les offres d’emploi et de formation. Aussi, une étude menée par le Bureau International du Travail (BIT) révèle que seulement 30% des jeunes affirment avoir accès à des informations fiables sur ces opportunités. A l’occasion du sommet des acteurs du changement, le Directeur régional, Ashoka Tchanlandjou AKPARE, souligne que c’est un défi particulièrement aigu dans nos zones rurales, où l’accès à l’information reste largement limité. D’où l’urgence de créer des infrastructures numériques robustes et des partenariats publics-privés qui facilitent un meilleur accès à ces opportunités, notamment pour les jeunes des zones rurales. « Le XXIe siècle exige une éducation capable de former des citoyens critiques, créatifs, et acteurs du changement. Il s’agit d’une véritable « alphabétisation du changement », qui inclut la capacité de chaque individu à comprendre les défis de son époque, à imaginer des solutions innovantes et à mettre en œuvre des actions concrètes » soutient le directeur Ashoka. A l’en croire, les réformes annoncées par le ministère de l’éducation sont salutaires. Cependant elles doivent prendre en compte la révision des programmes scolaires, la modernisation des infrastructures et l’intégration des technologies de l’information et de la communication pour préparer nos jeunes aux défis du marché du travail. « Dans ce processus de transformation, la pédagogie doit évoluer. L’éducation ne doit plus être un simple transfert de savoirs du professeur à l’élève. Elle doit devenir un espace d’interaction vivante et créative, où chaque individu devient un acteur de son propre apprentissage et participe activement à la transformation de son environnement », ajoute t-il. Représentant le ministre de l’éducation Nationale à ce sommet, Aminata DIENA NDIAYE, indique que les nouvelles autorités ont érigé l’éducation en priorité nationale dans l’Agenda national de transformation du Sénégal à l’horizon 2050. « Il nous faut donc nous organiser avec méthode, intelligence et en intégrant un niveau élevé de patriotisme en vue d’atteindre les résultats attendus à l’aune de notre ambition pour un Sénégal souverain, juste et prospère », souligne le conseiller technique du ministre de l’éducation nationale. Ajoutant « il nous faut anticiper sur les besoins, renforcer le partenariat en étant imaginatifs pour consolider les acquis de nos systèmes très résilients mais avec des points de fragilité du fait de la forte demande d’éducation si l’on connaît le taux de natalité dans nos pays ou les jeunes représentent plus de 50% de la population » indique t-il. De l’avis de Madame Ndiaye, cette perspective demande un changement de paradigme en renforçant la redevabilité et la culture du résultat, en mettant l’accent sur des indicateurs porteurs de transformations positives et qui impactent à court, moyen et long terme.
Lansana DIANDY
