Adopté à l’assemblée Nationale, le budget du ministère du commerce, de la consommation et des Petites et Moyennes Entreprises est de 26 309 257 915 FCFA pour l’exercice 2024 contre plus de 132 milliards en 2023 soit une baisse de près de 110 milliards FCFA. Un budget voté dans un contexte de renchérissement du coût de la vie, du prix du loyer non maîtrisé et des subventions de l’État en baisse.
Le budget du ministre du commerce de la consommation et des Petites et moyennes entreprises a été voté à la majorité des députés de L’Assemblée Nationale. Ce budget arrêté à 26 309 257 915 FCFA en Autorisations d’engagement (AE) et à 24 758 007 915 FCFA en Crédits de paiement (CP) prend en compte le programme 2041 consacré au développement du Marché intérieur et de la Consommation, le Programme 2042 pour renforcement de l’Intégration du Sénégal dans le Commerce international, programme 2043 axé sur la promotion et développement de l’entrepreneuriat privé et des PME / PMI, ainsi que le programme 2024 de la promotion et le programme 1013 sur le pilotage, la gestion et la coordination administrative. Selon le Ministre des Finances et du Budget, la baisse des 97 milliards notée sur le budget du Ministère du Commerce est due « au repli significatif des cours mondiaux sur certaines denrées » qui ont commencé à connaitre une diminution. « La subvention consentie pour l’année 2023 est revue à la baisse et réorientée vers les autres mesures de soutien direct aux ménages vulnérables à travers, entre autres, les bourses de sécurité familiale, la couverture maladie universelle, l’intensification et la montée en puissance des filets sociaux » a déclaré Mamadou Moustapha .
L’équation du Coût de la vie
Les parlementaires ont considéré que dans le cadre de la lutte contre la cherté de la vie, le Sénégal doit agir par rapport à ses propres réalités. « Le taux d’inflation qui était à 9,76 % en 2023 est projeté à 3,8% en 2024, soit un écart de 5,9% », indique le ministre du commerce. Selon lui, l’inflation est calculée à partir de l’indice Harmonisé des Prix à la Consommation, sur la base d’un panier de biens et services (produits alimentaires stupéfiants, habillement, logement, combustibles, entre autres). En outre, il a fait noter que ce panier de biens et services diffère selon les pays, en précisant qu’au Sénégal, les produits alimentaires représentent 49,69%, contre 58,59% au Mali et 29,39% en Côte-d’lvoire. » Les comparaisons sont toujours utiles, surtout pour mieux apprécier les efforts financiers importants que l’Etat continue de faire pour renforcer le pouvoir d’achat des Sénégalais » a-t-il soutenu.
Les subventions pour mieux maîtriser les prix
« La renonciation de recettes fiscales a coûté 98 milliards FCFA en 2022 et 142,4 milliards FCEA en 2023. soit 240,4 milliards FCFA, pour maitriser les prix des denrées alimentaires » a fait savoir M.Fofana, avant d’indiquer, que les subventions au profit du secteur de l’énergie ont atteint 750 milliards en 2022 et à date 556 milliards pour 2023. Pour sa part, le Ministre des Finances et du Budget précisera que la baisse des 97 milliards notée sur le budget du Ministère du Commerce est due au repli significatif des cours mondiaux sur certaines denrées qui ont commencé à connaitre une diminution.
Loyer : le goulot d’étranglement des Sénégalais
Le gouvernement du Sénégal avait annoncé en grande pompe, des mesures pour la baisse du loyer en mettant en place un mécanisme pour « limiter l’envolée des prix qui plombe le budget des classes moyennes sénégalaises, le nouveau texte sur l’encadrement des loyers impose une diminution de 15 % des mensualités de moins de 300 000 francs CFA. Une baisse fixée à 10 % pour celles inférieures à 500 000 francs CFA et à 5 % au-delà ». Mais cette, initiative du gouvernement peine à être effective constaté les parlementaires. Ils souhaitent un accompagnement des bailleurs « qui font partie intégrante de la société mais qui se voient laisser parfois à la merci des banques ». Les députés ont soulevé des préoccupations sur la conception « du tableau de bord pour enregistrer tous les contrats de location et en mettant en place un système à même de permettre d’asseoir le loyer sur le niveau d’équipement des quartiers ».
À ce sujet, le Ministre des Finances et du Budget a indiqué que cette situation résulte de plusieurs facteurs, notamment de la pression foncière dans la capitale du Sénégal, qui est sans commune mesure avec celle d’Abidjan « qui a une superficie de 2119 km² pour cinq (5) millions d’habitants alors que Dakar avec 4,3 millions d’habitants ne dispose que d’une superficie de 547 km² ». Cette situation peut justifier selon Mamadou Moustapha, la différence des coûts des terrains.