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Santé-alimentation : 420.000 décès dans le monde à cause d’une mauvaise alimentation

Des milliers de décès dans le monde à cause d’une mauvaise alimentation. Ce constat alarmant pousse le Sénégal à réaffirmer son engagement en faveur d’une alimentation saine et sûre à l’occasion de l’atelier national de validation du profil pays du système de contrôle des aliments. La rencontre, organisée dans le cadre du projet « Renforcer les normes de sécurité sanitaire des aliments pour améliorer la compétitivité des PME du Sahel », a réuni des représentants des ministères de la Santé et de l’Action sociale, de l’Industrie et du Commerce, ainsi que la FAO et des partenaires techniques et financiers.

Le Sénégal veut renforcer son système de contrôle pour protéger la santé publique. Le diagnostic sanitaire des aliments est posé par leReprésentant le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Dr Habib Ndiaye. Il a rappelé que « le droit à une alimentation saine, nutritionnelle et en quantité suffisante » est reconnu depuis la Conférence internationale sur la nutrition de 1992 et la Déclaration de Rome sur la sécurité alimentaire de 1996. Or, la sécurité sanitaire des aliments (SSA), définie par l’absence de dangers dans les produits consommés, constitue un maillon clé de cette sécurité alimentaire globale. Au-delà des chiffres alarmants de maladies, les mauvaises alimentations sont à l’origine de 420 000 décès annuels dans le monde, dont un tiers concerne des enfants de moins de cinq ans, particulièrement en Afrique et en Asie du Sud-Est. Sur le plan économique, les aliments insalubres engendrent une perte de productivité estimée à 95 milliards de dollars dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires.Selon Dr Ndiaye, le Sénégal s’est engagé dans cette voie à travers un cadre juridique structurant, des plans de surveillance, la création d’une plateforme électronique de données « e-SSA », ainsi que la mise en place d’un comité d’experts multidisciplinaires pour évaluer les risques et proposer des solutions adaptées.Dans son intervention, le secrétaire général du ministère de l’Industrie et du Commerce, Seydina Aboubacar Sadikh Ndiaye, a souligné l’importance stratégique de cette problématique, affirmant que la sécurité sanitaire des aliments est un pilier de la santé publique, de la croissance économique et du développement durable. Il a insisté sur le contexte particulier du Sénégal, où les secteurs de l’agriculture, de la pêche et de la transformation agroalimentaire occupent une place centrale dans l’économie nationale.Il a également plaidé pour un renforcement des dispositifs de contrôle, la modernisation des laboratoires, ainsi que pour une application rigoureuse de la réglementation en matière de sécurité alimentaire. Il a souligné l’importance d’adopter et de promouvoir les normes internationales, gage de qualité pour les consommateurs et d’ouverture pour les marchés à l’export.« La formation et la sensibilisation sont des leviers fondamentaux », a-t-il ajouté, estimant que la culture de la sécurité alimentaire doit être inculquée dès l’école et accompagnée sur le terrain, auprès des producteurs et distributeurs.Pour sa part, le Professeur Amadou Diop, Président du Codex, a salué la forte mobilisation des parties prenantes, notamment les représentants des ministères sectoriels, des institutions de recherche, du secteur privé, de la société civile et des partenaires techniques et financiers, avec l’appui technique et financier de la FAO et de la Banque Africaine de Développement (BAD).Représentant Mme Bintia Stéphane-Tchicaya, coordonnatrice sous-régionale par intérim de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest, Patrick Bahal’okwibale, fonctionnaire en charge de la gestion de l’eau et des terres au bureau sous-régional, a souligné que cet atelier de validation du profil pays du projet « Renforcer les normes de sécurité sanitaire des aliments pour améliorer la compétitivité des PME du Sahel » s’inscrit également dans la dynamique d’intégration économique africaine à travers l’appui à la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) dans le secteur agricole.Il a ajouté que l’atelier a pour objectif d’échanger avec les autorités compétentes et les parties prenantes, de mobiliser un engagement fort pour soutenir le programme national de sécurité alimentaire, et de formuler des recommandations concrètes en vue de renforcer les dispositifs de surveillance et de prévention des risques alimentaires.«La FAO reste pleinement disponible pour accompagner le Gouvernement du Sénégal dans ses efforts visant à garantir la salubrité des aliments et à protéger la santé des populations », a-t-il conclu.

Lansana DIANDY et Abibou MBAYE

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