Dans la nouvelle stratégie de souveraineté alimentaire en cours d’élaboration avec l’implication parfaite des organisations de producteurs, la contribution des acteurs de l’horticulture est importante dans la sécurité alimentaire de notre pays mais aussi dans la marche de notre économie de l’avis du Directeur de l’horticulture. Selon lui, «au cours des concertations nationales menées ces dernières semaines, il y a trois denrées qui sont produites localement et pour lesquelles on a pas eu trop de difficultés dans les négociations pour rabaisser les prix de 100f par moment à 200 francs entre l’importé et le local ». D’après lui, « Ce sont l’oignon, la carotte et la pomme de terre. L’autre élément c’est qu’on exporte des produits agricoles, et c’est essentiellement horticoles à part un peu d’arachide, qui génère des rentrées de devises de 77 milliards de francs cfa par an en moyenne pour les 5 dernières années pour les exportations ».
Le Président de la République l’a compris et a décidé de poursuivre le soutien, l’accompagnement aux exploitants horticoles. Le Ministre de l’Agriculture a poursuivi cette dynamique de soutien du chef de l’Etat à ce sous-secteur. « Cette année 17.500 tonnes d’engrais sont mobilisées, il a fait son plaidoyer, utiliser son entregent auprès du Président de la République pour trouver 12 675 tonnes de plus presque autant que la dotation initiale. Il faut le faire et on sait ce que représentent les engrais » a confessé Dr DIOUF. 8000 tonnes de plus également pour la pomme de terre. Ça veut dire que si on avait pas suffisamment de semences, la production de pomme de terre de l’année prochaine allait baisser. Il a trouvé et dopé un programme de matériel agricole pour l’acquisition de 700 tracteurs, mais aussi un nombre important de petits matériels horticoles et des infrastructures frigorifiques pour la conservation des fruits et légumes. « Voilà quelques initiatives en cours, c’est du concret que le Président a rajouté au soutien sans précédent qu’il a donné au sous-secteur de l’horticulture. Résultat des courses on a eu de l’autosuffisance pour certaines cultures » s’est réjoui Dr DIOUF.
La Zone des NIAYES, un terreau fertile à l’horticulture, menacée par l’exploitation minière
La Zone des Niayes a une position stratégique et offre des moyens de subsistance aux femmes et jeunes qui s’investissent dans l’agriculture familiale et dans l’entreprenariat agricole. Mais la richesse de son sol et de son sous-sol, notamment en phosphate et zircon, en fait aussi une zone d’extraction minière privilégiée. Aujourd’hui, les communautés locales de la zone font face à l’émergence de nouvelles dynamiques. L’urbanisation galopante, la surexploitation des terres liée à l’amenuisement de l’assiette foncière, la dégradation progressive des sols ainsi que sa salinisation menacent considérablement les systèmes agricoles de la zone.
L’essor d’unités de production agricole et de transformation capitalistes, ainsi que des activités minières, fortement soutenues par les politiques publiques sont en phase de devenir de réels défis pour l’avenir de l’agriculture familiale de la zone des Niayes. On observe donc, sur les formes d’occupation des sols (agricoles, industrielles, infrastructurelles ou résidentielles), une tension souvent liée à des logiques économiques différenciées conduisant à une compétition forte entre les acteurs pour l’accès aux différentes ressources, notamment le foncier. Les risques conflictuels occasionnés par cette situation tendent à réduire la capitalisation maximale des innombrables potentialités de la zone des Niayes. En ce qui concerne les projets extractifs, ils se traduisent par la dépossession forcée des terres de culture, le pompage des nappes profondes et semi-profondes, occasionnant la rareté de l’eau, la perte de moyens de subsistance, l’exposition des communautés locales à la pollution de l’air (poussière) avec des risques réels pour leur santé, la contamination des eaux douces et maritimes par le déversement des déchets chimiques des Industries Chimiques du Sénégal (ICS). Par conséquent, cette zone risque de voir ses territoires agricoles confrontées à d’autres menaces avec le nouveau projet d’exploration de zircon de Kayar Sud couvrant 1000 ha de terres destinées à la production de pomme de terre par plus 3 000 producteurs. Face à cette situation, le Centre de Recherche et d’Action sur les Droits Économiques, Sociaux et Culturels (CRADESC), s’est engagé dans une politique de renforcement de la résilience des communautés menacées et/ou impactées. Il a réussi en tant que centre à encadrer plus de 250 organisations de la zone des Niayes. L’engagement Dr Fatima DIALLO directrice Exécutive du Centre de Recherche et d’Action sur les droits économiques, sociaux et Culturels est clair. Le CRADESC est une institution non seulement de recherche mais aussi d’action qui intervient non seulement dans la recherche mais aussi dans la protection des droits économiques et culturels. C’est ainsi que le Cradesc a commencé selon elle, «à accompagner les sociétés coopératives depuis deux ans à travers l’appui à la dynamique organisationnelle en se retrouvant avec les acteurs ici dans la zone des Niayes pour échanger sur les difficultés, les problèmes rencontrés du point de vue organisationnelle pour trouver des solutions mais aussi échanger sur les problèmes rencontrés en terme d’accès aux facteurs de production ». Le Cradesc pose la question de l’accès au foncier et la sécurisation foncière. C’est ainsi que le Cradesc a accompagné les producteurs pour la mise en place d’un cadre de concertation qui s’appelle le CCDN(Cadre de Concertation et de Développement de la Zone des Niayes) mis en place depuis août 2020. En même temps les producteurs avaient exprimé la volonté de se réunir autour de ce qu’ils appelaient les coopératives. Selon Mme DIALLO , « Nous les avons aidé à comprendre qu’en matière de coopérative la législation a évolué et qu’on parle de société coopérative, qu’il faut les arrimer à l’acte uniforme de l’OHADA, il faut répondre aux standards et normes internationaux en ce qui concerne non seulement la mise en place de la société coopérative, sur la gouvernance la société coopérative ». Ce travail de mise en place des Sociétés coopératives, a obtenu des partenaires très engagés, à travers l’intermédiation du Ministère de l’agriculture et plus particulièrement à travers la direction de l’horticulture qui nous a mis en rapport avec le programme Pacao qui est au niveau du Ministère du commerce. Selon elle, le Crades a eu à travailler pour la mise en place de dix sociétés coopératives. Il revenait au Cradesc de mettre en place une société coopérative faîtière parce que l’intérêt de la dynamique enclenchée est de réunir les acteurs en vue d’une meilleure concertation, en vue d’une meilleure coordination de leurs actions.
Moustapha MBAYE envoyé Spécial à THIEPP(Louga)
