La journée de réflexion autour du Projet d’appui aux Réformes et Politiques Agricoles (PSS) a permis aux acteurs pluridimensionnels d’échanger sur les mécanismes institutionnels à mettre en place pour encourager l’utilisation optimale des données probantes par les décideurs. Le projet financé par Agence des Etats-Unis pour le Développement International (USAID) dans le cadre de L’initiative Feed The Future est mis en œuvre par un consortium dirigé par DAI en partenariat avec le Think tank Sénégalais IPAR.
Le projet PSS vise å renforcer les systèmes de politique agricole et alimentaire du Sénégal en travaillant avec le gouvernement du Sénégal, le secteur privé Sénégalais et la société civile pour créer un environnement favorable qui contribue à une croissance accélérée et inclusive. Pour atteindre ces résultats, le projet s’appuie sur plusieurs leviers dont une meilleure utilisation des données probantes pour la prise de décision. Il s’agit pour le Directeur Adjoint du projet d’appui aux réformes et aux politiques Agricoles, d’éclairer les décideurs dans les prises de décisions qui peuvent impacter la vie des populations. Dr Ibrahima Athie d’expliquer que les données probantes sont des données administratives, statistiques qui sont générées par les administrations publiques. « Il y a également des données de recherches qui sont issues des laboratoires, des centres de recherches , mais aussi les données d’évaluations des cabinets de consultance. Et en fin il y a des données des citoyens, celles des ONG qui peuvent servir à la prise de décision ». Selon le chercheur « nos décideurs prennent des décisions qui impactent nos vies sans se baser souvent sur des données. Ils sont dans un environnement politique ou les demandes sont importantes donc, ils se basent aussi sur d’autres faits ». Ainsi « le manque d’utilisation de données fiables peut générer des conséquences néfastes sur la population », a-t-il-il prévenu. Il exhorte de faire en sorte que les institutions de recherche ne soient pas cloisonnées, mais « qu’elles puissent travailler ensemble en synergie ». Dans sa démarche, le Projet PSS fait appel à des fournisseurs de services (organisations non gouvernementales, cabinets de conseil, instituts de recherche, et think tank) pour dispenser des formations, fournir un appui à l’analyse des politiques et renforcer les capacités institutionnelles sur la base de la demande des partenaires. C’est aussi l’occasion pour le réseau Think-Tank Sénégal de renforcer les liens entre les différentes organisations qui fournissent ces données. « Il est important que les think-tank soient plus organisés notamment dans les domaines de l’offre de production de données scientifiques, d’analyses prospectives pour répondre à la demande des structures publiques, privés des organisations de la société civile qui doivent chacun en ce qui le concerne améliorer ses mécanismes de prise de décision en utilisant des données qui sont sûrs », a indiqué Dr Cheikh GUÈYE Coordonnateur du réseau Think Tank Sénégal et responsable veille et perspectives à IPAR. D’après le Directeur Exécutif de l’Institut Prospective Agricole et Rural (IPAR), l’intérêt de cet atelier est d’avoir des données qui proviennent de la science. « Parce que la science n’est pas partisane. Elle doit trancher les débats pour montrer c’est quoi la meilleure décision possible. Dans quel contexte et en tenant compte de quelle ressource ». Cheikh Oumar Ba de constater que les décisions qui ne sont pas basées sur des évidences peuvent avoir des conséquences sur le vécu des populations comme c’est le cas de la brèche de Saint- Louis où une décision politique n’a pas été basée sur des évidences et a entraîné des problèmes. D’où la nécessité de réfléchir sur des mécanismes institutionnels à mettre en place pour encourager l’utilisation optimale des données probantes par les décideurs du secteur public, du secteur privé et de la Société Civile dans la prise de décision dans le domaine des réformes et des politiques Agricoles.
Lansana DIANDY