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La banque islamique du Sénégal célèbre ses 40 ans  

Secteur méconnu de la finance mondiale il y a encore quelque temps, la finance islamique connaît une forte progression depuis plusieurs années et représentait, en 2019, près de 2 400 milliards d’euros d’actifs à travers le monde ; il pourrait atteindre environ 3 100 milliards d’euros à l’horizon 2024. C’est le cas  au Sénégal avec la Banque Islamique qui s’est hissée au troisième rang du marché bancaire Sénégalais avec un capital estimé en 2022 à 50 milliards de FCFA. Une célébration des 40 ans qui coïncide avec l’inauguration d’un Nouveau Centre d’Affaires, sur 7 niveaux dans le quartier Dakarois de la Cité Keur Gorgui.

L’histoire de la banque islamique du Sénégal débute en 1983 avec la création par la holding Dar Al Mal Islam qui était présent dans trois pays en Afrique de l’ouest (Sénégal, Guinée et Niger). La filiale Sénégalaise démarre sous la dénomination Massraf Fayçal al-Islam avec un capital de 2 705 640 000 FCFA.  De 1983 à 2009, la banque islamique du Sénégal a connu des zones de turbulences.  « la banque islamique du Sénégal s’est construite dans la douleur », car selon son directeur général, les gens n’étaient pas préparés à la finance islamique et que les règlements ne s’y prêtées pas aussi. La banque a été recapitalisée à trois reprises. La première en 2009 avec l’entrée de la banque islamique de développement dans le capital de la BIS qui est relevé à 10 000 000 0000 FCFA puis le capital social de la banque islamique passe  à 20 000 000 000 FCFA(Vingt milliards) en 2018 et une augmentation à 50 000 000 000 FCFA(Cinquante milliards).  » Cette dernière augmentation du capital social été moins liée à des problèmes à la banque islamique du Sénégal qu’à des ambitions que nous avons pour hisser cette banque au plus haut niveau » a laissé entendre Mouhamadou Madana Kane,  visiblement ému par les progrès de sa banque.  A en croire le manager général de la BIS cette  « augmentation conséquente qui a permis à banque de se lancer dans le financement de projets phares comme les secteurs des infrastructures, de l’agriculture, de l’éducation, de la santé etc ».

Les résultats de la BIS

Avec ses 35 agences et 446 employés, la banque islamique a enregistré des résultats historiques entre 2019- 2022. Le produit net bancaire est passé de 369 275 000 000 FCFA à 735 835 000 000 FCFA, soit une hausse de plus de 99,3%. Pour les dépôts clientèles de 279 053 000 000 FCFA en 2019 sont conclus à 504 617 000 000 FCFA soit plus de 80,7% de d’augmentation. Les financements clientèles ont connu également une hausse de plus de 95,5%, de 288 617 000 000 FCFA à 564 272 000 000 FCFA. Ces résultats ont hissé la banque au troisième rang du marché financier alors qu’elle était en 7e position en 2019. « A la fin de l’exercice 2022 nous avons clôturé au terme de total bilan à 740 milliards » faire savoir M Kane. De l’avis du directeur général de la BIS, « la finance islamique n’est une finance conventionnelle ». Elle repose sur le partage des pertes et profits. « En tant que banque islamique notre rôle c’est de financer l’économie réelle. Lorsqu’on parle d’économie réelle on parle d’absence de spéculation, on parle d’un adossement de nos financements à des actifs. « Nous ne finançons pas seulement pour gagner de l’argent mais nous cherchons à créer de l’impact » a d’emblée rappelé le DG.

Les ambitions de l’institution bancaire

La B.I.S à une ambition de diversifier ses portes feuilles d’activité et d’offre commerciale.  » On a mis en place depuis deux ans un programme d’expansion validé par le conseil d’administration qui nous permettrait d’avoir trois ou quatre filiales » a-t-il assuré. Mouhamadou Madana Kane d’annoncer « l’installation de la banque islamique en Côte d’Ivoire,  la création d’une société d’assurance islamique, une société de microfinance » cette dernière selon lui  va commencer à opérer dans les mois à venir. Les perspectives de création d’un fonds d’investissement dans le secteur immobilier sont également dans ses tiroirs.

Par Lansana Lasse DIANDY

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