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JCL 2025 : Le Contenu local a généré 82 milliards FCFA pour les entreprises en 2024

Les journées du Contenu Local ont vécu. Les acteurs du secteur pétrolier, minier et gazier ont échangé pendant deux jours autour du thème: «Contenu Local et Vision Sénégal 2050, quelles stratégies pour bâtir une économie compétitive et inclusive ? ». Un thème qui résonne dans un contexte où le Sénégal est dans une phase de redressement de son économie et d’amorçage de son développement socio-économique, la montée en puissance de l’exploitation des ressources extractives, pétrole, gaz et ressources minières. C’est dans ce contexte que le Secrétariat Technique du CNSCL a mobilisé toute la crème des entreprises évoluant dans ces secteurs à se pencher sur le Contenu Local ainsi que ses immenses opportunités. Rien qu’en 2024, le Contenu local a généré 82,29 milliards de FCFA pour les entreprises locales. Ces journées ont été présidées par Birame Souleye DIOP,  Ministre de l’Energie, du Pétrole et des Mines.

Le  rendez-vous devient incontournable pour les acteurs du  secteur extractif au Sénégal,  a d’emblée lancé Dr Mor BAKHOUM, le Secrétaire Technique du Comité National de Suivi du Contenu Local(CNSCL). Dans cette ère de transformation, le contenu local devient  un instrument de souveraineté économique, d’industrialisation et de transformation systémique de notre économie. En se basant sur les missions de la structure qu’il dirige, qui est le triptyque « Accompagner,  Contrôler et Valoriser,  Dr BAKHOUM de révéler des chiffres très encourageants sur les retombées du Contenu Local. « L’année 2024 a enregistré en termes d’impact 82,29 milliards de francs CFA de part de marchés captés par les entreprises locales » a-t-il annoncé. Des chiffres qui ne sont pas selon lui,  des données mais témoigne d’un contenu locale qui devient  une réalité économique solide qui bénéfice d’un tissu entrepreneurial national. Ces résultats sont à mettre dans le compteur du CNSCL dont la plateforme mise en place donne une visibilité sur les marchés potentiels où, « près de 500 marchés ont été publiés et contrôlés via la plateforme e-cnscl dédiée aux mines attestant du haut niveau de conformité des entreprises minières » a annoncé M.BAKHOUM. Ce qui confirme selon lui l’évolution positive de l’acceptation du contenu local dans le secteur des mines avec une conformité soutenue des acteurs du secteur minier soumis aux exigences du contenu local. Avec ces chiffres le Sénégal est dans une dynamique de montée en puissance du contenu local dans le secteur minier. Et Dr Mor BAKHOUM de se projeter déjà sur 2026. Et dans son pipeline, le Projet Boya, le projet Underground Mining de SGO et le projet d’extension de la durée de vie de Mako. Des projets qui, estime t-il, sont des creusets d’opportunités pour  la maximisation du contenu local. Autre bonne nouvelle annoncé par le ST-CNSCL, Mor BAKHOUM, « le contenu local commence  à s’affirmer sur le segment  midstream avec le projet gazoduc reliant GTA à la centrale de Gandon à Saint Louis, une infrastructure déterminante pour faire du  gaz to power une réalité au service de  notre souveraineté énergétique. Dans ce sens, le CNSCL travaille en étroite collaboration avec le réseau Gazier du Sénégal avec un contrôle  a priori en intervenant en amont sur les futurs appels d’offre »

« Identifier l’Entreprise Sénégalaise et l’entreprise battant pavillon sénégalais »-  Birame Souleye DIOP

Venu présider les journées du Contenu Local, Le ministre de l’Energie, du Pétrole et des Minies, Birame Souleye Diop de prôner avec force conviction un développement du tissu entrepreneurial local Sénégalais. Pour lui, il est bon de préciser « Les entreprises battant pavillon sénégalais qui ont participé à des marchés, exécuté des marchés et qui  aujourd’hui on ne  voit plus sur le marché local, ils ne payent plus de salariés, ne payent plus de location ne payent plus d’impôts au Sénégal, elles ont quitté le territoire national faute d’opération ». Pendant ce temps, estime t-il, «  des entreprises bien sénégalaises sont à la recherche de marchés,  ont dû certes développer des plans de restructuration au niveau du personnel, mais elles sont encore bien là, payant leurs impôts ici et prenant en charge leurs employés ». Comme recommandation, le Ministre de suggérer « l’identification, la classification, la taxinomie qui doit aller à un niveau de précision claire qui fera que quand on  parle d’entreprise sénégalaise,  bien sénégalaise qu’on puisse faire la différence avec  l’entreprise battant pavillon sénégalais. Une précision à faire pour pouvoir impacter l’économie locale. Le Ministre de tutelle de revenir sur les avantages du Contenu Local en ce sens que « le Sénégal ne pourra tirer pleinement profit de ses ressources, que si ces entreprises deviennent des partenaires privilégiés dans les chaînes d’approvisionnement du secteur gazier, pétrolier et minier ».  Pour lui « le potentiel économique du contenu local ne pourra se déployer pleinement que si nous disposons d’une main d’œuvre locale hautement qualifiée capable d’occuper des postes avancés non seulement opérationnels mais stratégiques. Le gouvernement va construire des passerelles solides entre le système éducatif et les besoins de l’industrie » 

« Pour avoir un Consommer local, il faut un contenu Local »- Dr Khadim Bamba DIAGNE SP Cos-Pétrogaz

Essayant de faire l’État des lieux, Dr Khadim Bamba DIAGNE Secrétaire Permanent du Comité d’Orientation Stratégique du Pétrole et du Gaz(Cos-Petrogaz), de rappeler que depuis mars 2024, une vision claire est mise en place par le Président de la République. Un programme basé sur la vision 2050 où le Sénégal a tracé des lignes et des règles très claires. Un chemin à emprunter pour se lancer dans une dynamique de développement intéressant. Une économie compétitive. Selon lui, « l’ambition du Sénégal en 2030 c’est 50% de contenu Local ». Tout en reconnaissant qu’ en 2025, il  reste du chemin à faire pour atteindre cet objectif. Ce qui est un idéal à atteindre. Le contenu local est devenu une réalité. Dans la stratégie 2025-2029 l’une des priorités c’est le Consommer Local. Et selon Docteur Diagne « pour avoir un consommer local, il faut avoir un contenu local.

Contenu Local et effet ruissellement sur les PME

Pour Dr DIAGNE, « le Contenu local n’est que la participation des entreprises étrangères qui sont au Sénégal pour le développement de ce pays ». Poussant sa réflexion, il est difficile que les pays en développement se battent contre les grandes compagnies parce qu’elles ont l’expérience et les moyens. Et ces compagnies étrangères doivent laisser des impacts positifs représentés par le nombre d’entreprises créés et qui impactent sur le chômage et sur la croissance économique. Prenant l’exemple sur les USA, après la crise des années 30, le Président Roosvelt a décidé de passer d’une économie Libérale à une économie Keynésienne, avec la nouvelle donne appelée le Plan New Deal, il a mis en place une stratégie appelée le Small Business Act. Ce qu’il explique  par le fait que « chaque grande entreprise pour gagner un marché, on cherche combien de PME sont autour d’elle ». Et plus le nombre de Pme et important, plus vous avez la chance de gagner des marchés. Faire en sorte que le maximum de PME, autour d’une grande entreprise puisse tirer leur épingle du jeu » a-t-il renseigné dans son exposé.

Une BMW fabriquée, 196 PME impliquées

Pour étayer son exemple sur l’importance des PME, Dr Khadim Bamba DIAGNE de prendre l’exemple de l’Allemagne. Pour lui, « elle est certes le pays le plus riche d’Europe mais les Allemands ne sont pas les plus riches car l’Allemagne a décidé depuis la deuxième guerre mondiale de mettre en place une économie qui protège ses PME ».  A titre d’exemple, pour la dernière marque de voiture BMW, sa création a mobilisé 196 PME. Ce qui veut dire que quand on achète une BMW, on enrichit 196 PME. C’est comme ça qu’on développe un pays dira t-il.  Avant de se désoler pour le Sénégal où, « une seule entreprise produit, transforme et distribue, à la fin c’est une seule personne qui s’enrichie. Il faut mettre des stratégies pour qu’il y’ait un effet de diffusion, mais aussi un effet de ruissellement.

Abibou MBAYE

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