Suite au communiqué de rappel à l’ordre de l’ARTP adressé à Orange pour le rétablissement des tarifs dans ce contexte de Covid-19, certains y voient un arbitrage justifié de l’Etat. Pour le président de l’Union Nationale des Consommateurs du Sénégal(UNCS), Ibrahima Dramé « le téléphone est une denrée de première nécessité comme le riz, le mil, l’huile entre autres et la bonne qualité est un droit pour le consommateur». Ce défenseur des consommateurs estime que « la qualité du service offert doit être irréprochable ». Si une chose est d’éviter de baisser les prix, une autre est d’offrir une qualité de service pour permettre aux consommateurs d’être joignable à la mesure du possible sur toute l’étendue du territoire national.
« Le Téléphone est une denrée de première nécessité à l’instar du riz, du mil et autres. De nos jours on ne peut rien faire sans le téléphone. Toute hausse de prix du téléphone peut avoir un impact sur le vécu quotidien des consommateurs Sénégalais dans ce contexte de Covid-19 ». La dernière hausse des tarifs de communication de la part de Orange a non seulement créé un sentiment généralisée de frustration chez les consommateurs mais continue d’alimenter les débats chez les organisations de Défense des consommateurs. C’est le cas avec l’Union Nationale des Consommateurs du Sénégal(UNCS). Même si la Compagnie de téléphonie a essayé de se justifier cela n’a pas eu les effets escomptés. Ce fût un coup d’épée dans l’eau !
Et l’ARTP freina Orange…
Selon M.Dramé, « l’attitude d’Orange de hausser les prix peut être compréhensible dans le sens qu’elle a une politique commerciale à mener mais le fait que l’Etat tape du poing sur la table pour les pousser à revenir sur cette décision est légitime mais les autorités ne doivent pas s’arrêter à cette décision qui n’est que temporaire ». Des mesures hardies et durables doivent être prises. Pour rappel l’ARTP, autorité de régulation à travers un communiqué a « demandé à Orange de surseoir à l’augmentation des prix ». Les services de Abou LY, directeur de l’ARTP estiment que « les nouvelles offres de l’opérateur Orange- SONATEL ont suscité une forte opposition des consommateurs qui ont saisi l’ARTP à travers des plaintes portant, entre autres, sur les aspects tarifaires.
Dans le cadre du traitement desdites plaintes et, par respect pour le principe du contradictoire, l’opérateur Orange-SONATEL et les associations de consommateurs ont été successivement reçus. L’ARTP, en sa qualité de régulateur, investi d’une mission de service public avec ses déclinaisons naturelles en termes de protection de d’intérêt général et, tenant compte du contexte de crise et de pandémie mondiale de Covid-19, a demandé à Orange-SONATEL, de surseoir aux nouvelles offres mises sur le marché, le 22 juillet 2020.
En conséquence, l’ARTP demande à toutes les parties prenantes, de prendre acte de cette décision ».
Le Combat des consommateurs semble avoir gain de cause dira Ibrahima Dramé de l’UNCS. Pour lui, « ce qui est important pour l’Etat c’est de veiller à la qualité de services offerts par orange. Il n’est pas rare de voir des utilisateurs se plaindre de la qualité du réseau d’orange. A preuve on peut appeler quelqu’un et que ça sonne sans que la personne qu’on essaye de joindre ne reçoive l’appel sur son cellulaire ». Cela est imputable selon le Président de l’UNCS à la mauvaise qualité du réseau.
Pour une souveraineté du Sénégal en matière de Télécommunications
L’UNCS milite en faveur d’une souveraineté des infrastructures de communication. Convoquant l’histoire, Dramé révèle que « 17 ans après la privatisation de la Sonatel, l’Etat du Sénégal n’a aucune mainmise sur ce que Orange fait. Pour cela l’Etat doit récupérer toutes le infrastructures de communication ».
Ibrahima Dramé n’a pas manqué de rappeler « la sombre journée du 05 aout 2011 où la Sonatel avait bloqué l’accès à Internet au Sénégal, personne n’avait accès aux services de communication, aucune transaction à l’époque ne pouvait se faire, cela avait prouvé à l’époque que l’Etat n’a pas une mainmise sur ce que Orange fait » se désole t-il. Et de poursuivre son plaidoyer, « c’est orange qui fournit le réseau de communication international de notre pays. Le débat doit être ouvert sur la souveraineté de notre pays en matière de communication ».
En terme de proposition l’UNCS estime que « les infrastructures de communications doivent être récupérées et confiées à l’ADIE ». M.Dramé de prendre l’exemple de la portabilité en précisant que « jusqu’à présent l’ARTP n’as pas les moyens de contrôler si orange ne perturbe pas le réseau des autres concurrents comme Free ou Expresso ou pas ».
« Défendre les consommateurs à la base et pas seulement à Dakar »
L’UNCS fait partie des organisations de Défense des consommateurs les plus crédibles du Sénégal car ces derniers temps, elle fait un travail de terrain remarquable, à Thiès, à Nianing, à Mbour à Mboro et dans des localités reculées du Sénégal où les consommateurs ont plus besoin d’être écoutés et défendus. L’UNCS fait un travail de terrain à la base. Pour M. Dramé, un défenseur des consommateurs doit aller porter l’information vers les communautés. Il fonde sa conviction que le Sénégal ne s’arrête pas à Dakar, les consommateurs à défendre sont pour la plupart dans des zones très reculées.
Le président de l’UNCS privilégie le travail de terrain loin des bureaux de Dakar en allant vers les communautés les plus éloignées de Dakar. Le Président de l’UNCS se réclame « défenseur des consommateurs avec une casquette de force de proposition et non quelqu’un qui a la critique facile ». Pour lui « proposer vaut mieux que critiquer quand on veut bien défendre les consommateurs »
Seynabou NDAO
