C’est un rapport du WRI qui alerte sur des pertes alimentaires massives au Keyna. Publié lors du Forum sur les systèmes alimentaires en Afrique par le World Resources Institute (WRI), il met en lumière l’ampleur des pertes et gaspillages alimentaires au Kenya. Chaque année, le pays perd jusqu’à 40 % de sa production alimentaire, soit environ 9 millions de tonnes d’une valeur estimée à 72 milliards de shillings kényans (près de 578 millions de dollars). Une contradiction frappante alors qu’un quart des Kényans peine chaque jour à se nourrir.
Intitulée « Food Loss and Waste in Maize, Potato, Fresh Fruits, and Fish Value Chains in Kenya 2025 », l’étude dresse une cartographie détaillée des points critiques et causes de ces pertes dans les principales filières agricoles. Les chiffres sont éloquents : 36 % du maïs, 56 % des fruits frais — dont jusqu’à 56 % des mangues —, 23 % des pommes de terre et 34 % du poisson disparaissent avant même d’arriver sur les étals. Ces pertes représentent l’équivalent de 500 millions de camions de 18 tonnes. Le rapport souligne des impacts multiples. Pour l’État, la dégradation du maïs stocké menace directement la sécurité alimentaire nationale. Pour les entreprises, des chaînes d’approvisionnement inefficaces entraînent d’importantes pertes de revenus. Les petits producteurs voient leurs rendements et leurs revenus réduits, tandis que les consommateurs paient plus cher pour des produits moins frais. Le WRI appelle à agir rapidement : réduire de moitié ces pertes d’ici 2030 permettrait de nourrir plus de 7 millions de personnes par an, d’injecter 36 milliards de shillings dans l’économie et de diminuer de 7 millions de tonnes les émissions de carbone. Trois axes d’action sont proposés : améliorer le suivi des données, déployer des technologies éprouvées et renforcer les politiques publiques. « Le WRI relève ce défi de front grâce à l’approche Target-Measure-Act », souligne Dr Susan Chomba, directrice du programme Vital Landscapes. Avec seulement cinq ans pour atteindre l’Objectif de développement durable 12.3 sur la réduction du gaspillage alimentaire, le Kenya est face à une opportunité stratégique : agir pour nourrir sa population, protéger ses ressources et stimuler son économie.
Lansana DIANDY
