Dakar a abrité ce mardi 14 novembre un Forum de haut niveau sur le Financement de l’action Climatique. La rencontre organisé par le ministère des finances et du budget en partenariat avec le Fonds Monétaire International (FMI) entre dans le cadre de la mise en oeuvre de la stratégie de lutte du Sénégal contre le changement climatique soutenue par la Facilité pour la Résilience et la Durabilité (FRD) du FMI. La cérémonie d’ouverture a été co-présidée par Mamadou Moustapha BA, Ministre des Finances et du Budget et Bo LI, Directeur Général Adjoint du FMI.
« Le changement climatique, première menace de l’existence de l’humanité depuis 2015, est devenu réel et se fait sentir par ses effets dans toutes les parties du monde, toutes régions confondues », indique un document du ministère des Finances et du budget . Le même document rappelle qu’au Sénégal, les enjeux et défis du changement climatique sont, entre autres, « l’irrégularité de la pluviométrie avec la fréquence des inondations et des sècheresses par endroit, la hausse des températures, l’avancée du désert et l’érosion côtière ». Pour faire face à ce défi, le Sénégal a défini quatre axes stratégiques à savoir « la mise en place de mécanismes facilitant et optimisant le financement public de l’adaptation au changement climatique et à son atténuation, le développement de la finance climatique et des financements durables dans le secteur financier pour assurer la résilience et l’innovation en faveur de l’atténuation au sein du secteur privé, l’intégration des considérations environnementales dans la politique économique et la collaboration avec les partenaires techniques et financiers dans la mise en œuvre et le financement de la stratégie ». En organisant ce forum, le ministère des Finances et du budget s’est fixé plusieurs objectifs dont la mobilisation de toutes les ressources propres, les financements innovants et les ressources multilatérales et bilatérales pour une stratégie climatique responsable et durable et à tirer tous les dividendes économiques découlant de la production de biens et services nécessaires pour l’atteinte de l’objectif net zéro.
Dividendes en matière de politique économique
« Avec l’élaboration du PAP ajusté et accéléré (PAP 2A), le PSE vert a été développé pour apporter des réponses pratiques à la problématique de la gestion de l’environnement, des ressources naturelles et de l’économie verte dans six (6) secteurs clés. Le besoin de financement de ce Programme est estimé à 355,7 milliards de FCFA dont 340,5 milliards FCFA de coût des projets », relève Mamadou Moustapha Ba, ministre des Finances et du budget. Selon le ministre, le besoin de financement est un des défis majeurs à relever pour que le Sénégal réussisse sa politique climatique dans les prochaines années ». Sur le plan budgétaire, M. Ba déclare que ce volet constitue une priorité pour l’État du Sénégal avec notamment la révision des plans stratégiques de développement (PSD) pour prendre en compte l’aspect climat dans tous les projets d’investissement. S’agissant de la politique d’allocation budgétaire sensible au changement climatique, le ministère d’indiquer qu’un besoin de près de 100 milliards FCFA est nécessaire pour « les projets d’atténuation et/ou d’adaptation dans les secteurs de l’Élevage, l’Environnement, la Pêche, l’Agriculture et du Transport (Transport en Commun, les Projets Bus Rapid Transit et le Train Express Régional) ». « Ainsi, tout projet d’investissement supérieur à 500 millions de FCFA est soumis à une analyse environnementale avant son intégration dans le Programme d’Investissements prioritaires (PIP) » fait-il savoir. Concernant la gestion des risques budgétaires liés au climat, le ministre Mamadou Moustapha BA d’informer les partenaires que le budget de l’État pour 2024 s’est doté spécifiquement de 30,76 milliards de FCFA de « provisions pour risques budgétaires » et d’un Fonds de Calamité d’un montant de 1,02milliards de francs (FCFA). En termes chiffrés, le Sénégal dispose de huit (8) polices d’assurance dans le cadre de l’ARC pour une couverture totale de 195 millions de dollars US, et un décaissement total de 39 millions de dollars US dans le cadre de la souscription à la Police sécheresse après avoir intégré l’African Risk and
Capacity (ARC) en 2012.
Lansana Diandy
