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Dépendance Extérieur : Des universitaires prône pour une nouvelle génération capable de mener des transitions économiques en Afrique

À l’initiative de la Fondation de l’innovation pour la démocratie et de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), une conférence s’est tenue ce mardi 17 juin, réunissant économistes, chercheurs, historiens et sociologues autour du thème : « Démocratiser l’économie : un horizon de réinvention des modèles économiques au service d’une démocratie substantive en Afrique ». Comment se réapproprier les ressources, les intellectuels ont posé le débat.

Malgré des avancées démocratiques sur le plan politique, l’économie africaine reste largement sous influence extérieure. Le continent demeure dépendant des marchés étrangers, avec des importations massives de la majorité de ses produits de consommation. Par ailleurs, ses ressources naturelles sont, pour une large part, contrôlées par des multinationales. « Se réapproprier les ressources du continent africain doit être la première priorité. Le continent traverse une crise économique, et le marché crée des inégalités croissantes », a souligné, par visioconférence, le professeur Achille Mbembe, directeur de l’AUF. L’un des objectifs de cette conférence est de lancer un chantier intellectuel et pratique destiné à outiller une nouvelle génération capable de mener des transitions économiques durables et inclusives, tout en renforçant une démocratie substantive fondée sur l’égalité. Pour sa part, l’économiste Faizel Ismail estime que la dépendance des pays africains constitue un obstacle majeur à l’émergence d’une économie démocratisée. « Il faut briser ce cercle vicieux. Quatre-vingts pour cent des vêtements portés en Afrique sont importés. Il serait judicieux de valoriser nos propres produits à l’échelle continentale », a-t-il déclaré. L’universitaire Félwine Sarr, quant à lui, rappelle : « Il ne s’agit pas de rejeter les acquis ou les hypothèses des sciences économiques, mais de formuler des critiques sur leurs fondements, outils et priorités, à la lumière des contextes spécifiques de nos territoires. » Il appelle également à une remise en question des indicateurs utilisés pour orienter les politiques économiques et sociales.

Lansana DIANDY

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